Un jardin sans herbe, c’est un jardin qui ne vit pas. Il faut absolument leurs réserver une place car sil elles sont indispensables dans la bonne cuisine, elles sont aussi très décoratives.

 Alors pourquoi ne pas accueillir quelques herbes dans le potager, dans un massif de fleurs et pour ceux qui ne possèdent pas de jardin, plantez-les sur le balcon…Il est bien évident qu’on ne peut pas tout mettre  dans des jardinières trop exiguës. La  ciboulette, le persil, le cerfeuil, du thym, de la sarriette acceptent facilement la culture en bac. D’autres plantes comme le céleri perpétuel, le romarin, la sauge ou l’absinthe sont plus gourmandes en terre. La solution est de récupérer de vieilles lessiveuses en zinc qui une fois organisées en plusieurs hauteurs peuvent   vous donner un joli jardin d’herbes sur une petite surface. Cette technique est aussi intéressante lorsque la terre est argileuse et très humide « amoureuse »  en hiver. En principe les herbes aromatiques ne supportent pas les excès d’humidité. Quelques herbes à découvrir ou redécouvrir:

L’absinthe, la fée verte
Artemisia absinthium
Noms communs : armoise, herbe de la saint Jean, tabac de Saint Pierre, herbe sainte, herbe aux vers, herbe des vierges, aluyne, alvine, aloïne...

Originaire d’Europe, elle fait partie de la famille des astéracées. L’absinthe est vivace, possède de petites fleurs jaunes insignifiantes. C’est pratiquement un arbuste car elle mesure parfois plus de 1,50 m de haut lorsqu’elle se plait dans un jardin, mais elle est capable de vivre dans une terre inculte…  Il faut qu’elle trouve sa place !

Elle se multiplie très facilement par division de touffe ou par bouture à l’automne mais de préférence  au printemps lorsqu’elle redémarre.  
Elle est connue depuis l'Antiquité car on lui louait les capacités de stimuler l'appétit et de favoriser la digestion, de régulariser les règles. Mais attention  à doses élevées le pollen est allergisant et son abus ou un usage trop prolongé peut conduire à l'épilepsie
Jadis on mélangeait une décoction d'absinthe dans l'encre pour éloigner les souris dans la bibliothèque. Son odeur forte déroutait les mangeuses de littérature.
Une décoction du feuillage éloigne les pucerons, araignées, fourmis, mouches de la carotte, piérides du chou carpocapses..

L'absinthe est accusée de contenir une substance toxique du système nerveux. De ce fait, l’absinthe est interdite en France depuis 1915. Elle était la « fée verte » pendant près d'un siècle avec une apogée à la fin du 19ème siècle. La fée verte inspirait les poètes comme Paul Verlaine qui en faisait fort usage.

Souvent envahie par les pucerons, l’absinthe est un magnifique garde-manger pour les coccinelles
   

 

Ache de montagne ou livèche
Levisticum officinalis
Noms communs : livèche, céleri perpétuel, céleri sauvage, céleri bâtard, céleri vivace, persil d’amour…

Originaire du  bassin méditerranéen,  fait partie de la famille des apiacées (autrefois ombellifères). Cette forme de céleri monte plus d1 mètre de hauteur s’il est planté dans une bonne terre bien drainée et exposée mi-ombre ou soleil  

Le céleri perpétuel se multiplie au printemps par division de rejets situés autour de la touffe ou par semis en été
Elle est carminative, digestive, diurétique, emménagogue.

Récolte et conservation : cueillez les feuilles fraîches au fur et mesure de vos besoins. Au bout de 2 à 3 ans, lorsque le pied devient important, vous avez la possibilité d’arracher quelques racines à l’automne. Coupez-les  en morceaux et faites-les sécher. Fraîches, les racines se congèlent très bien.

La tige creuse servait autrefois de paille pour aspirer du lait chaud lors de maux gorge
Les feuilles fraîches s’utilisent comme pour le céleri, en salades, soupes, sauces, viandes. Les racines sèches remplacent le poivre. Les tiges confites sont utilisées en confiserie et pâtisserie industrielle. Les graines, au goût piquant, sont utilisées avec les légumes au vinaigre.

Dans l'antiquité les Grecs et les Romains utilisaient déjà ses graines, ses racines et ses feuilles. La livèche se nomme « Levisticum » du latin  Levare (soulager).

Ancêtre du céleri, l’ache de montagne ou livèche ressemble étrangement au céleri mais supporte mieux la cuisson

La première année de plantation, ne cueillez pas ses feuilles car vous risquez d’abîmer sa souche. Mieux vaut attendre la deuxième année de culture pour faire la cueillette des feuilles.