Confiner la chaleur

Depuis une dizaine de jours, la couche surélevée est remplie avec du fumier frais en fermentation. La température intérieure peut monter jusqu'à 80°C. Il faut maintenant conserver cette chaleur pour un futur semis. (suite rubrique du dimanche 17 janvier)

Depuis le début de fermentation la température intérieure est montée crescendo. Le premier jour la température était de 5 °C puis au fur et à mesure de la décomposition avec le travail des bactéries qui se multiplient, un dégagement de chaleur peut atteindre 80 °C.

Prendre la température

Actuellement la température est de 50 °C, relevée grâce à un thermomètre pour compost. C'est un outil indispensable pour mesurer et surveiller l'activité au cœur du fumier en fermentation. La surface indique 18°C. Le principe est de maintenir cette température pendant la nuit.

Les régiments fournissaient le fumier de cheval

Autrefois, les horticulteurs et maraichers montaient une couche chaude avec du fumier frais qu'ils allaient chercher chez les éleveurs du village ou dans un régiment de chasseurs à cheval (Châlons en Champagne). Le fumier de bovin ou de cheval était ensuite recouvert par un coffre surmonté de châssis en verre. Actuellement, les châssis vendus pour les amateurs sont réalisés en polycarbonate (plus léger et plus facile à manier).

Un tunnel sous serre

Cette couche chaude surélevée est couverte sous un tunnel en plastique fabriqué avec des arceaux en fils de fer galvanisés sont fixés sur les pattes de la couche surélevée. Une bâche en plastique transparente recouvre les arceaux jusqu'au niveau du sol pour éviter les déperdition de la chaleur au niveau du coffre en V. Des ficelles sont passées sur la bâche pour ouvrir et fermer le tunnel. Une aération est indispensable la journée pour que les jeunes plantules ne s'étiolent pas. Le tunnel est refermé en fin d'après-midi pour emmagasiner la chaleur de la journée. La bâche relevée permet d'avoir accès aux terrines ou aux bacs de semis.

Rotation de semis

Ordinairement, sur une couche chaude, les légumes ou fleurs sont semés directement sur le terreau issu du fumier composté des années prétendantes. Alors qu'ici ce sont des terrines en plastique (bacs de semis) posées sur le « réchaud ». Cette technique permet de retirer les semis suffisamment développés pour les remplacer par d'autres. Une même couche chaude peut accueillir plusieurs semis au même endroit.

Changer le fumier

Rien ne vous empêche de retirer le fumier au bout de plusieurs semaines lorsqu'il a terminé sa phase de fermentation (donc refroidi) pour le remplacer par du fumier frais « prêt à fermenter ». Vous pouvez aussi, réaliser une autre couche surélevée avec du fumier frais afin de profiter d'une nouvelle source de chaleur toujours gratuite. L'ancien fumier fermenté par les bactéries est composté à l'extérieur ou utilisé pour enrichir le potager dans les parcelles qui recevront des légumes gourmands (tomates, melons, courges, potirons, poireaux...)

Eau chaude

Profitez de cette chaleur gratuite pour laisser une petite place à un arrosoir rempli d'eau douce. L'arrosage des semis sera toujours avec une eau tempérée gage aussi d'une réussite. L'eau froide peut-être mortelle sur des jeunes semis.

Semaine prochaine la rubrique jardinage sera consacrée à la fabrication d'un terreau semis fait maison qui ne coûte rien.

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