L'enroulement des feuilles de tomates sous un tunnel

   

Bien que les tomates soient les fruits du soleil, il y a des températures à ne pas dépasser  sous peine que les feuilles se recroquevillent.

L’enroulement des feuilles n’est pas une maladie mais un phénomène physiologique dû à la chaleur excessive. Les feuilles de tomates se recroquevillent  pour s’abriter des rayons du soleil et lutter contre l’évaporation. Certaines variétés sont plus sensibles au phénomène Cœurs de Bœuf, Corne des Andes). En revanche les tomates Olivettes ou Romas sont plus résistantes à la chaleur. L’enroulement des feuilles n’a pas une grande incidence sur la production des tomates. Néanmoins, l’exposition du soleil sur les tomates peuvent entrainer parfois une brûlure sur les fruits.


Mettre de l’air et rafraichir l’atmosphère
Pour réduire l’enroulement, il est donc impératif de baisser la température à l’intérieur du tunnel ou de la serre.
Aérer au maximum l’abri en ouvrant les portes  nuit et jours des deux côtés pour que l’air circule à l’intérieur. Une bonne aération favorise une meilleure fécondation des fleurs. Une température au-dessus de 35°C peut provoquer la coulure de certaines variétés.
Ombrer avec une toile à ombrage ou blanchir au pulvérisateur les vitres à base de chaux et craie.
Pailler le pied des tomates dès que la température dépasse les 30°C. Le paillage empêche l’évaporation et maintien l’humidité et la fraicheur au pied.
Arroser avec parcimonie, comptez 3 à 5 litres d’eau par semaine, c’est-à-dire à peine 1 litre par jour. Un pied de tomate doit aussi faire un effort avec ses racines  pour rechercher l’humidité plus en profondeur.
Maintenir le feuillage sec surtout le soir car la moindre humidité nocturne peut entrainer cette fois-ci le mildiou (beaucoup plus grave à résoudre).
Ne pulvériser aucun produit même naturel sur les feuilles enroulées.
Conserver les feuilles enroulées, elles sont toujours utiles.

L’enroulement pour cause d’asphyxie
L’enroulement physiologique peut être aussi causé par une alimentation en eau irrégulière suite à un excès d’eau dans un sol argileux mal drainé  ou inversement.  Une taille trop sévère favorise aussi l’enroulement des feuilles. Un pied de tomates qui n’a jamais été taillé avec de nombreux gourmand qui subitement est dépouillé réagit au bout de quelques jours avec un enroulement des feuilles.
Un engrais mal équilibré trop riche en azote entraine aussi un enroulement des feuilles.

Vous ne pouvez pas cultiver sous une serre sans avoir une bonne aération.
En plein été, une serre ou un tunnel est ouvert de jour comme de nuit (sauf par grand vent).

Bien arroser
Sous un abri par définition, il n'y pleut pas et c'est le but de l'opération. Il faut donc arroser. Être maître arroseur. L'arrosage est un point crucial pour réussir une culture de tomates sous serre ou tunnel.
Première règle : ne jamais arroser le soir si les nuits sont fraîches, c'est encore le cas début juin. On arrose le matin et tant pis si les tomates pâment en fin de journée. Soyez en sûr, l'humidité du soir favorise la propagation des champignons et notamment le terrible et infâme mildiou, la peste noire ! En un rien de temps ce champignon est capable d’anéantir la totalité de la culture de tomates. Les adeptes du pulvérisateur bombardent les tomates à la bouillie bordelaise, un produit naturel (cuivre) qui bleuit les fruits. Bien que la bouillie bordelaise est acceptée dans la culture biologique, j'apprécie des tomates rouges et non pas cuivrées. Un peu ça va en début de culture ou après un orage de grêle (lorsque les tomates sont cultivées sans abri) et c'est tout ! A l'intérieur, croyez-moi, le cuivre n'est pas indispensable pour les tomates. Il suffit de bien arroser au bon moment et surtout au bon endroit.

Arrosez au goutte-à-goutte

Sans se ruiner, les jardineries et maisons de bricolage proposent du matériel d'arrosage performant qui autrefois était seulement réservé aux professionnels et notamment l'arrosage au goutte-à-goutte. Ce système apporte l'eau là où il faut. Lorsqu'on parle mildiou, économie d'eau, le principe du goutte-à-goutte est sans aucun doute la solution pour obtenir de superbes tomates sans avoir recours aux traitements.
Sous une serre ou un tunnel, l'arrosage au goutte-à-goutte apporte l'eau lentement goutte par goutte, tranquillement, doucement ce qui évite le tassement du sol. La vie continue sous-terre sans saturation, les racines profitent d'une petite humidité constante sans excès. Les tomates n'attrape pas le cul noir. Cette formule peut prêter à rire mais ce déboire est très courant chez les tomates qui souffrent d'une petite sécheresse puis arrosées ou noyées au pied. C'est souvent le cas lorsqu'on est pour partir quelques jours et que juste avant de quitter les tomates on laisse couler le tuyau d'arrosage au pied. Autre avantage avec un arrosage au goutte-à-goutte l'eau est à la température de la serre, les tomates ne subissent pas d'hydrocution racinaire.

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