Le gui, porte-bonheur

En dépit du réchauffement climatique, la durée du jour ne changera jamais… Allez encore un peu de patience et

Le 31 décembre à minuit, une embrassade sous une boule du gui de houx porte bonheur pour se souhaiter la bonne année.

Si le gui (viscum album) symbolise la prospérité et l’immortalité, il est tout de même considéré à juste titre comme le poison des pommiers lorsqu’il est trop envahissant. Selon les régions, il peut être appelé Verquet, Vert de pommier, Gillon, Bois de la Sainte Croix. Blondeau, Bouchon…

Une boule ça va mais trop bonjour les dégâts
Un pommier couvert de gui risque de tomber ou se casser en période venteuse. En principe, les tempêtes sévissent lorsque les arbres à feuillage caduc ne possèdent plus de feuilles. Or un pommier habillé et enveloppé de boules détient un centre de gravité nettement plus haut que la normale. En hiver, l’humidité du sol favorise le déracinement des arbres parasités comme des culbutos sans retour. En été, ces mêmes pommiers sont fracassés en cas d’orage toujours pour les mêmes causes. C’est aussi pour cette raison qu’un vieil arbre est plus sensible aux intempéries. D’où l’intérêt de supprimer le gui sur les pommiers afin qu’ils tiennent debout en cas de coup de vent. Il y va de sa survie.

Les arbres hôtes guités en zones humides
Les pommiers ne sont pas les seuls arbres à être la proie des suçoirs. Le gui apprécie particulièrement les arbres hôtes (saules, peupliers, trembles) et dans une moindre mesure (aubépines, sorbiers, robiniers, érables). D’autres arbres hôtes peuvent parfois accueillir une boule de gui (cerisiers, poiriers, tilleuls, noisetiers, frênes, bouleaux, charmes, châtaigniers). Il est très rare sur les ormes et les chênes. Le hêtre n’est jamais parasité par le gui. Il se propage et se développe dans les zones humides en fond de vallée près d’un cours d’eau, un étang ou un lac. Il n’apprécie pas la Bretagne ni la pointe du Cotentin balayées par les embruns. Il déteste la chaleur sèche du midi (en été) et pris de vertige en montagne.

Les oiseaux frugivores dispersent le gui
Seules les pieds femelles portent les baies blanches regroupées par trois. Ses fleurs sont petites et verdâtres. Les baies contiennent une substance liquide visqueuse et une petite boule blanche. Cette pulpe solide contient une seule graine. Elle est tellement solide et visqueuse, qu'on ne peut pas en extraire la graine. La germination débute au printemps jusqu'en automne dans l’humidité, elle ne supporte pas la sécheresse. C’est pour cette raison que le gui est principalement présent dans les zones humides (vallées, près des cours d’eau, étangs, marais, lacs…). Dès sa formation, la jeune plantule enfonce dans l’écorce ses racines transformées en suçoirs.
La grives draines propagent les graines dans leurs fientes au moment de leur migration du mois de mars. La dispersion locale se fait aussi par d’autres oiseaux comme le merle ou la fauvette à tête noire.

Le gui porte bonheur symbole de l’immortalité
Le gui était pour les Gaulois le symbole de l'immortalité. Une fois par an (au solstice d’hiver) le gui était vénéré chez les druides vêtus de blanc qui coupaient avec une serpe d'or pour accomplir une fête solennelle sur un chêne le plus sacré des arbres. Le chêne portait de gui vert et selon la croyance avait été semé par une main divine dans l’union entre l’arbre et le symbole de l’immortalité. Le gui sacré avait selon les Gaulois la propriété de guérir certaines maladies, d’immuniser contre les poisons et surtout d’assurer la fertilité.

Respect d’une trêve
Pendant le solstice d’hiver (aux environs de Noël), les ennemis déposaient leurs armes pour se rencontrer dans la forêt sous le gui et se parler. Durant cette période, ils devaient observer une trêve pendant plusieurs jours. Une trêve qui était jusqu’ici perpétué jusqu’à nos jours.
Une embrassade sous une boule de gui accrochée au-dessus d’une porte est porte-bonheur.

Bon à savoir
- Les fruits du gui fermentés et cuits donnent une colle fine et très adhésive qui servait autrefois de glu (glu des oiseleurs).
- le gui est un hémiparasite, un parasite végétal possédant de la chlorophylle et prélevant chez l'hôte de l'eau et des sels minéraux dissous.
- Le gui renferme des substances toxiques (des glucosides) qui peuvent provoquer en cas d'ingestion des fruits des troubles digestifs, et même des troubles cardiaques si le nombre de baies ingérées dépasse la dizaine.
- Une boule de gui peut vivre 30 ans
- Pour éliminer le gui, il faut couper les jeunes branches atteintes.
- Une boule de gui n’est pas sous l’influence du « Géotropisme » (orientation d’un organe vers la terre sous l’apesanteur) la touffe se développe aussi bien par le bas que par le haut.
- Après la première guerre mondiale, la Normandie (pays des pommiers) exportait des centaines de tonnes de boules de gui vers l’Angleterre
- Le gui du sapin (Viscum album abietis) et le gui du pin (viscum album pini) sont d’autres variétés de gui.

Le gui et le cidre
En Bretagne, on accroche une branche de gui issu d’un pommier au-dessus de la porte des auberges et il est d'usage de le changer à chaque tonneau de cidre nouvellement mis en perce. Si le cidre est nouveau, on met une pomme au milieu du gui.

 

   

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